3 Orchidiversité

On tente dans cette partie de suivre historiquement la richesse en espèces et l’évolution des populations de ces espèces.

Compte tenu de la non-systématicité des relevés, il est difficile de mettre en évidence des évolutions à courte échelle. Une approche à “gros grain” est donc utilisée, se basant sur deux périodes disjointes P1 et P2, pour lesquelles les statistiques sont comparées. Les périodes doivent être assez longues pour assurer chacune une couverture optimale du territoire.

Pour balancer la pression de prospection entre les deux périodes, on choisit ici deux périodes adjacentes séparées par l’année charnière 2001. Les période de référence sont donc

  • P1: 1900-2000 et
  • P2: 2001-2025

3.1 Liste des espèces

Le tableau suivant donne la liste des espèces observées dans le département depuis 2001(période P2), avec leur statut de rareté, leur date de première mention (PM), leur date de dernière mention (DM) et la date de mention précédente (Préc.), si DM > 2020 et que la différence est de 5 ans ou plus. Les taxons avec une mention “Préc.” sont donc des taxons ayant eu une éclipse récente et significative dans les données, ce qui est un signe d’alerte sur leur vitalité.

3.2 Classes de rareté

Des indices de rareté en périodes P1 et P2 ont été calculés pour chaque espèce sur la base de son indice de présence relatif (c.a.d. le nombre de communes avec mention de l’espèce, divisé par le nombre de communes avec des données sur la période).

Ces indices nous permettent de définir six classes ou statuts de rareté, suivant une progression géométrique de facteur 1/2 : les espèces très communes (TC) sont signalées sur plus de la moitié des communes, les espèces communes (C) sur moins de la moitié et plus du quart, etc. Les autres classes sont AC, AR, R et TR.

Les espèces sont triées ci-dessous par classe de rareté en période récente (P2), et on relève les espèces n’ayant pas été vues depuis plus de 10 ans.

  • TC : Ana. pyr, E. hel, Hi. hir, Neott. ova, Op. api

  • C : Or. pur, P. chl

  • AC : Ce. dam, D. mac, Neott. nid, Op. ins, Op. sph, Or. mil, P. bif

  • AR : Ana. mor, And. mas, D. pra, E. atr, Gy. con, Op. hol, Or. ant, Or. sim

  • R : D. fuc, E. mue, E. pur, Go. rep, Lim. abo

  • TR : Ana. lax, Ana. pal, Ce. lon, Ce. rub, D. inc, D. maj, D. vir, E. mic, E. pal, Gy. odo, He. mon, Hi. rob, Neoti. aes, Neoti. ust, Op. ara, Op. spe, Se. lin, Se. neg, Se. vom, Sp. spi

Espèces non-revues depuis plus de 10 ans

  • D. sam, D. tra, Gy. den, Gy. odo, Lip. loe, Sp. aes

La figure suivante présente l’évolution des effectifs des classes de rareté entre les périodes P1 (à gauche) et P2 (à droite). On voit clairement que plusieurs espèces ont subi des déchéances d’une ou deux classes, venant gonfler les effectifs de la classe TR. Les disparitions d’espèces (de TR à Abs) ont par ailleurs été en partie compensées parles découvertes récentes.

3.3 Cartes d’orchidiversité

Les cartes ci-dessous reportent le nombre d’espèces par commune pour les périodes P1 et P2. Elles révèlent l’importante pression de prospection en période P2, offrant une bien meilleure couverture, mais aussi la baisse locale d’orchidiversité dans de nombreuses communes des régions initialement les plus riches.

3.4 Mutation de l’orchidoflore

On visualise c-dessous les changements de composition de la flore orchidéenne entre P1 et P2. Les surfaces des carrés sont proportionnelles aux indices de présence des espèces (en nombre de communes) dans la période considérée. Cela permet de visualiser les changements majeurs d’indices de présence entre les deux périodes.

On voit clairement la progression spectaculaire d’Himantoglossum hircinum, Anacamptis pyramidalis et Ophrys apifera.